Home

DEVELOPPEMENT HUMAIN: 1,57 milliard de pauvres dans 104 pays étudiés

«L'essor du Sud» transforme l'équilibre des forces à l'échelle mondiale. C'est en substance ce que l'ont peut retenir du Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD). L'étude relève que 1,57 milliard, soit plus de 30 % de la population des 104 pays étudiés restent encore pauvres, malgré la réduction massive de la pauvreté, l'expansion de la classe moyenne grâce à d'importants gains en termes de développement en Afrique, en Asie et en Amérique latine. L’essor du Sud est en train de modifier radicalement l'aspect du monde du XXIème siècle, grâce aux nations en développement qui mènent la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale. Selon le document , «l’essor du Sud se produit à une vitesse et à un niveau sans précédent». Mieux, relève le Rapport 2013, «jamais dans l’histoire les conditions de vie et les perspectives d’avenir de tant de personnes n’avaient changé si radicalement et si vite.» Et, ce phénomène va bien au-delà de celui du dénommé BRICS, des pays au revenu moyen souvent représentés par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. En atteste, plus de 40 pays en développement ont enregistré des hausses de la valeur de leur IDH largement supérieure à celles envisagées au vu de la valeur de leur IDH, grâce à un investissement soutenu dans l'éducation, la santé et les programmes sociaux, ainsi qu’à un engagement ouvert avec un monde de plus en plus interconnecté, souligne la source. Selon le Rapport, ce progrès historique crée des opportunités de collaboration nouvelles entre les pays du Sud et du Nord pour faire avancer le développement humain et faire face à des défis partagés tels que la lutte contre le changement climatique. Les pays du Sud étendent leurs liens commerciaux, technologiques et politiques vers l'ensemble des pays du Nord, tandis que le Nord recherche dans le Sud de nouveaux partenariats capables de promouvoir la croissance et le développement mondial. Selon le Rapport, ce progrès historique crée à son tour des opportunités de nouveaux partenariats entre le Sud et le Nord, c'est-à-dire entre les pays en développement et les pays développés, respectivement, afin de faire face aux défis partagés, tels que le changement climatique, et de coopérer de façon nouvelle dans le but d'accélérer l'avancée du développement humain ailleurs dans le monde. Et l’étude de poursuivre: «le Sud pris dans son ensemble est à la tête de la croissance économique mondiale et des mutations de la société pour la première fois depuis des siècles». Aussi, avec l'augmentation des niveaux de vie dans la plupart des pays du Sud, la proportion de gens vivant en dessous du seuil d'extrême pauvreté dans le monde est passée de 43 % en 1990 à 22 % en 2008. De même, plus de 500 millions de personnes sont sorties de la pauvreté uniquement en Chine. «En conséquence de cela, le monde a déjà atteint la cible principale d'éradication de la pauvreté dictée dans les objectifs du Millénaire pour le développement dont le but pour 2015 était de réduire de moitié la proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollars par jour, comparativement à 1990». Les pays en développement ont pratiquement doublé leur part dans la production mondiale, en passant de 25 % à 47 % 1980 et 2010. Le commerce au sein des pays du Sud a été le plus grand facteur de cette expansion, passant de moins de 10 % à plus de 25 % de l'ensemble du commerce mondial ces 30 dernières années, tandis que le commerce entre les pays développés a chuté de 46 % à moins de 30 %, fait remarquer le Rapport. Cependant, la grande pauvreté demeure un problème important dans une grande partie des pays en développement, souligne le rapport qui évalue à 1,57 milliard, soit plus de 30 % de la population des 104 pays étudiés, le nombre de personnes vivant dans un état de pauvreté dite multidimensionnelle, dont 612 millions de personnes en Inde, rapporte la même source. Le Rapport qui informe que le monde est en train d'assister à un «rééquilibrage mondial» inégalé, note que l'essor du Sud est en train de pousser les institutions mondiales existantes à changer et de montrer de nouvelles manières grâce auxquelles les pays et les régions pourraient travailler ensemble pour affronter des défis partagés. Car, «les institutions mondiales ne reflètent pas encore ce changement historique». C’est pourquoi «les pays du Sud ont besoin d'être mieux représentés au sein de la gouvernance mondiale, ce qui requiert également l'adoption de plus grandes responsabilités». Pour cela, une «nouvelle Commission du Sud», servant de tribune aux pays en développement pour «aller de l'avant et suggérer de nouvelles approches constructives pour une gouvernance mondiale efficace», doit être créée, précise l’étude, ajoutant que «le Sud a besoin du Nord», et «le Nord a également de plus en plus besoin du Sud» dont «l'essor» devrait continuer et devrait même s'accélérer dans le courant du XXIème siècle. Le Rapport sur le développement humain 2013 sur «L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié» a été lancé par l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) Helen Clark au Mexique en présence du Président mexicain Enrique Peña Nieto, de Khalid Malik, l'auteur principal du Rapport 2013. L'Indice de développement humain (IDH) a été introduit dans le premier rapport sur le développement humain en 1990 comme mesure composite du développement, pour relativiser les évaluations purement économiques du progrès de chaque pays. Dans le Rapport 2013, l'IDH classe 187 pays et territoires.
 
French (Fr)